QI du WISC-V : le compte est bon ? par Jacques Grégoire

Le WISC-V introduit un nouveau mode de calcul du QIT susceptible de dérouter les praticiens familiers des versions précédentes des échelles de Wechsler.

À présent, les subtests intervenant dans le calcul du QIT et ceux intervenant dans le calcul des cinq Indices ne se recouvrent plus totalement.
Alors que dix subtests servent au calcul des Indices, seuls sept d’entre eux servent au calcul du QIT.

Quelle est la raison de cette différence ?

Elle découle de la division de l’ancien Indice Raisonnement perceptif en deux Indices plus spécifiques : Visuospatial et Raisonnement perceptif. Les cinq Indices mesurés par le WISC-V correspondent beaucoup mieux à cinq grandes composantes du modèle Cattell-Horn-Carroll (CHC) qui est le fondement théorique du WISC-V.

Il pourrait sembler logique de calculer le QIT sur la base des dix subtests servant au calcul des cinq Indices. Ce n’est pas le choix opéré par les concepteurs du WISC-V qui ont observé que les cinq composantes du modèle CHC mesurées par les différents Indices n’ont pas la même importance dans le fonctionnement intellectuel.

L’intelligence cristallisée (Gc) et l’intelligence fluide (Gf) jouent en effet un rôle prépondérant dans l’efficacité du comportement intelligent, comme le montrent leurs corrélations élevées avec les performances scolaires et professionnelles.

Il apparaît dès lors raisonnable de donner plus de poids à Gc et Gf dans le calcul du QIT en utilisant les deux paires de subtests qui permettent de les mesurer, alors que les trois autres facettes de l’intelligence ne contribuent à ce calcul que par un seul subtest.

Ce nouveau mode de calcul du QIT a d’importantes implications sur l’interprétation de ce score qui doit être traité de manière plus indépendante des résultats aux cinq Indices que par le passé. Il s’agit à présent d’évaluer la validité du QIT sur la base des performances à sept subtests.

En particulier, l’homogénéité du QIT doit être appréciée en référence à la dispersion de ces sept subtests, et non plus de la dispersion des Indices. Il est, par conséquent, nécessaire de se dégager des anciennes pratiques et d’ajuster ses démarches de cotation et d’interprétation aux particularités du WISC-V.

Jacques Grégoire
Vice-Recteur de l’Université catholique de Louvain, Professeur de psychologie 

Référence :
Grégoire, J. (à paraître). L’examen clinique de l’intelligence de l’enfant. Fondement et pratique du WISC-V. Mardaga.